Depuis bientôt plusieurs décennies, il y a un phénomène qui est devenu monnaie courante dans les villes du Bénin et particulièrement la cité des koborou. Pire avec la morosité économique qui bât son plein, ce phénomène continue, persiste. II s'agit du refus des billets froissés et pièces lisses. Comment comprendre que les individus trient les pièces et billets ? Comment expliquer que des personnes se considèrent comme la BCEAO ? Encore que cette dernière ne refuserait de prendre des pièces ou billets qu'elle fabrique.

"Hé désolé madame, on ne va pas prendre votre pièce za là c'est trop lisse. Il faut changer ça avant que je ne vous serve " ou " c'est quel vieux billet ça ? Hum c'est pas bon. Il faut changer ". Ce sont là certains propos que les populations reçoivent en guise de réponse de la part des vendeurs. En effet, depuis bien longtemps le phénomène de refus de pièces lisses et billets froissés a existé et continue de persister. Malgré la morosité économique, ces vendeurs n'entendent guère et persiste dans leurs habitudes de refus. "On sait qu'iln'y a pas l'argent dans le pays, mais on ne peut pas prendre l'argent gâté ou lisse ou froissé car nous même quand on va acheter ils refusent de prendre, donc on a pas le choix ", se défend dame maïmouna, vendeuse de nourriture au marché ARZÈKÈ. Ceci au désarrois des clients, "ils font comme ci c'étaient nous les fabricants de l'argent ", dixit lafia YAROU "ce n'est pas bien, il faut que les autorités interviennent " renchérit salifou ASSOUMA habitant de Parakou.
C'est à croire que tous les parties ont raison ou se donnent raison. Cependant, il serait souhaitable que les autorités mettent fin à cette pagaille quand on sait que seul la banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest ( BCEAO ) fabrique les pièces et billets. Les vendeurs devraient prendre conscience du fait et à ce propos changer d'attitude. Tout moyen d'échange et autre la BCEAO, aucun individu ne devrait se donner le privilège de choisir quel pièce ou billet prendre.

Salmata BABONI